Épargne
Fonds en euros ou unités de compte ?
Comprendre les supports de votre assurance-vie : le fonds en euros repose sur une garantie définie par le contrat, les unités de compte sur des actifs variables.

Sommaire de l'article
L’assurance-vie est souvent présentée comme un placement. En réalité, il s’agit avant tout d’une enveloppe au sein de laquelle l’épargne peut être répartie entre différents supports.
Deux grandes catégories doivent être distinguées :
- les fonds en euros, qui comportent une garantie définie par le contrat ;
- les unités de compte, dont la valeur évolue en fonction des actifs auxquels elles sont exposées.
Cette distinction est essentielle : deux contrats d’assurance-vie peuvent présenter des niveaux de risque très différents selon les supports qu’ils contiennent.
1. Le fonds en euros : priorité à la protection du capital
Le fonds en euros est un support géré directement par l’assureur.
Son portefeuille est historiquement constitué en grande partie d’obligations d’États et d’entreprises, auxquelles peuvent notamment s’ajouter de l’immobilier ou des actions.
Comment fonctionne la garantie ?
Dans un fonds en euros, l’assureur prévoit une garantie du capital selon les conditions fixées par le contrat.
Il convient donc de vérifier précisément :
- le niveau de la garantie ;
- l’assiette sur laquelle elle porte ;
- la prise en compte ou non des frais ;
- les éventuelles conditions particulières prévues par le contrat.
Comment est déterminé le rendement ?
L’assureur fixe chaque année le taux de revalorisation servi sur son fonds en euros.
Pour 2025, l’ACPR constate un taux moyen de revalorisation de 2,63 % pour les contrats individuels, net de prélèvements sur encours et avant prélèvements sociaux.
Cette moyenne masque cependant des différences importantes entre contrats et entre assurés : certains assureurs accordent notamment des bonifications sous certaines conditions.
Les intérêts attribués au fonds en euros sont traditionnellement définitivement acquis : c’est ce que l’on appelle couramment « l’effet cliquet ».
En résumé
2. Les unités de compte : une exposition à différents actifs
Une unité de compte, ou UC, est un support dont la valeur peut évoluer à la hausse comme à la baisse.
Contrairement au fonds en euros, l’assureur ne garantit généralement pas la valeur de l’investissement. Il garantit le nombre d’unités de compte détenues, mais leur valeur dépend de l’évolution du support.
Les unités de compte peuvent permettre d’accéder à de nombreux types d’investissements :
- fonds investis en actions ;
- fonds obligataires ;
- fonds diversifiés ;
- ETF ;
- supports immobiliers ;
- produits structurés ;
- supports monétaires ;
- autres supports financiers référencés dans le contrat.
Toutes les unités de compte ne présentent donc ni le même niveau de risque, ni le même objectif, ni le même horizon d’investissement.
Exemple simple
Une somme de 20 000 € placée sur une unité de compte qui baisse de 15 % représente une valeur de :
17 000 €
La perte latente est alors de 3 000 €.
Pour revenir ensuite de 17 000 € à 20 000 €, une hausse de près de 17,6 % est nécessaire.
Cet exemple permet de comprendre pourquoi le niveau de perte possible doit être examiné en euros, et pas seulement sous la forme d’une catégorie comme « prudent », « équilibré » ou « dynamique ».
3. Fonds en euros et unités de compte : que faut-il réellement comparer ?
La comparaison ne doit pas se limiter au rendement observé au cours des dernières années.
| Critère | Fonds en euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Garantie | Définie par le contrat | Capital généralement non garanti |
| Variation de valeur | Limitée par le mécanisme de garantie | Peut être positive ou négative |
| Potentiel de performance | Généralement plus limité | Variable selon les actifs détenus |
| Horizon | À apprécier selon le contrat et l’objectif | Très variable selon le support |
| Composition | Principalement actifs gérés par l’assureur | Actions, obligations, immobilier, fonds, ETF… |
| Frais | Frais du contrat notamment | Frais du contrat + frais éventuels propres au support |
| Niveau de risque | Généralement faible | De faible à élevé selon l’UC |
Il n’existe donc pas un niveau de risque unique pour « les unités de compte ».
Une UC obligataire prudente, un fonds d’actions internationales, une SCPI et un produit structuré peuvent tous être proposés dans la même enveloppe d’assurance-vie tout en fonctionnant de manière très différente.
4. Pourquoi le rendement passé ne suffit pas
Supposons deux supports :
Support A
Performance passée élevée, mais fluctuations importantes et risque de perte en capital.
Support B
Performance historiquement plus faible, avec une garantie prévue contractuellement.
Dire que le support A est « meilleur » parce qu’il a obtenu la performance la plus élevée serait incomplet.
Pour comparer deux supports, il faut également connaître :
- le risque pris pour obtenir cette performance ;
- la durée sur laquelle elle a été réalisée ;
- les frais supportés ;
- les pertes qui auraient pu être constatées ;
- la liquidité du support ;
- sa composition ;
- son horizon de détention recommandé.
5. Les frais : un élément à examiner à plusieurs niveaux
Dans une assurance-vie, différents frais peuvent se cumuler :
Au niveau du contrat :
- frais sur versement ;
- frais annuels de gestion ;
- frais d’arbitrage ;
- frais associés à certaines options ou certains modes de gestion.
Au niveau des unités de compte :
Certains supports comportent également leurs propres frais de gestion ou coûts internes.
Il est donc préférable de s’intéresser au coût global de la détention plutôt qu’à un seul taux de frais isolé.
L’AMF recommande notamment de comparer les contrats sur la question des frais.
6. Le document à consulter : le DIC
Pour de nombreux supports, le Document d’informations clés (DIC) permet de disposer d’informations standardisées avant d’investir.
Il présente notamment :
- les caractéristiques du produit ;
- ses objectifs ;
- son horizon recommandé ;
- son niveau de risque ;
- les pertes potentielles ;
- différents scénarios de performance ;
- les coûts associés.
L’indicateur synthétique de risque utilise une échelle allant de 1 à 7, 1 correspondant au risque le plus faible et 7 au plus élevé. Cet indicateur ne doit toutefois pas être considéré isolément.
Les 7 questions à poser avant de choisir un support
Avant de prendre une décision concernant la répartition d’une assurance-vie, il peut être utile d’obtenir une réponse précise aux questions suivantes :
- Quelle partie de mon capital est réellement garantie ? Pour identifier précisément les sommes protégées et celles qui restent exposées à un risque de perte.
- Cette garantie est-elle exprimée avant ou après les frais ? Pour savoir si les frais de gestion peuvent réduire la valeur de l’épargne malgré l’existence d’une garantie.
- Quels actifs composent réellement le support ? Pour comprendre à quoi votre épargne est effectivement exposée : actions, obligations, immobilier, instruments monétaires ou autres actifs.
- Quelle perte pourrais-je subir dans un scénario défavorable ? Pour traduire le niveau de risque en une perte potentielle concrète, plutôt que de se limiter à une catégorie de risque.
- Quelle est la durée de détention recommandée ? Pour vérifier sur quel horizon le support a été conçu et pendant combien de temps il peut être nécessaire de conserver l’investissement.
- Dans quelles conditions puis-je récupérer mon épargne ? Pour connaître les délais, les éventuelles restrictions et les conditions de sortie ou de revente du support.
- Quel est le coût total du support et du contrat ? Pour identifier l’ensemble des frais susceptibles de réduire la performance réellement obtenue.
Ces questions permettent de dépasser les seules appellations commerciales pour comprendre le fonctionnement concret de l’investissement.
Sources et références
- 1.Revalorisation 2025 des contrats d’assurance-vie et de capitalisation, Analyse et Synthèse n°180 — Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) (01/06/2026)
- 2.Investir dans une assurance-vie — Autorité des marchés financiers (AMF)
- 3.Comment lire le document d’informations clés (DIC) ? — Autorité des marchés financiers (AMF)
- 4.Informations relatives aux contrats d’assurance-vie — Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique
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Auteur
Pierre Borolier
Conseiller en gestion de patrimoine
Pierre Borolier accompagne particuliers et chefs d'entreprise dans la structuration de leur patrimoine : immobilier, allocation d'actifs, fiscalité, préparation de la retraite et transmission.
Diplômé Bac+5 en Gestion de patrimoine. Après de nombreuses années dans différentes structures (banque privée, Family Office, Cabinets indépendants), j’ai décidé de créer ce site afin de transmettre mon expérience au plus grand nombre, afin de vous aider à mieux maîtriser ces notions, et à éviter les erreurs les plus fréquentes. En toute indépendance.
